Rééducation de l’Hyperacousie via un limitateur sonore (Bruit, je t’aime, moi non plus…)

Mes différents bilans de mars 2018 à mars 2020. J’explique mon parcours détaillé et mon ressenti sur les deux dernières années les plus difficiles avant de retrouver une sensibilité plus sereine.

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Chez les normo-entendants, le seuil de douleur auditive est de 120db (avion au décollage écouté du tarmac), pour moi il était passé à 60dB (bruit d’une conversation calme). En gros quand je discutais posément au calme, le son émit par mes interlocuteurs me procurait autant de douleurs que si j’étais derrière un réacteur d’avion et si quelqu’un rigolait tout à coup, mon système auditif se préparait à s’évanouir, bien incapable de gérer cette douleur.

Suite à la lecture de nombreuses études sur l’hyperacousie, j’ai tenté un moyen de me réintroduire très progressivement dans les milieux sonores bruyants. Il fallait me protéger (pour réduire les inflammations) mais pas me surprotéger (pour faire travailler progressivement l’audition), ce qui consiste à marcher tout les jours sur une corde raide entre deux falaises sans tomber. Tout d’abord, j’ai fait l’achat de nombreuses protections auditives adaptées à différentes intensités d’expositions, puis j’ai obtenu un appareil auditif qui a remplacé ces différentes protections.

Durant ma rééducation auditive, j’ai décidé de faire un journal régulier. Je le met à jour dans les groupes d’hyperacousiques car on trouve très peu d’études ni d’informations pour vivre avec cette douleur auditive de chaque instant. La honte du handicap (le manque de prise en compte sociale), la culpabilité de continuer la danse (alors qu’elle est l’une des sources de mon handicape) et l’impossibilité d’en discuter en milieu bruyant, rend compliqué le fait d’en parler verbalement. De plus c’est difficile pour moi que les gens confondent HYPERACOUSIE et acouphène.

Mes appareils auditifs n’ont aucun bruit blanc, ils sont munis d’obturateurs qui agissent comme deux micro-casques à atténuations actives. Ils permettent de régler le volume en fonction de mes seuils douloureux. Ils diminuent l’intensité sonore dans les ambiances bruyantes grâce à 7 programmes obturateurs d’environ « -5dB à -30dB » pour limiter les sons qui risquent de me blesser. Ces appareils m’ont permit de continuer mon emploi lors de la phase d’hyperacousie douloureuse puis une réinsertion progressive dans les milieux dansants en limitant les risques de chocs auditifs. Petit à petit, une récupération auditive s’est établit avec une régression de l’hyperacousie douloureuse jusqu’à une sensibilité auditive plus modérée. Mon protocole est de mettre les appareils lorsque j’ai des douleurs ou un inconfort mais jamais en prévention.

L’hyperacousie me rend incapable de communiquer en soirée dansante ou au restaurant bruyant avec plusieurs personnes, c’est un handicap invisible désocialisant. La rééducation, si elle fonctionne, reste une torture sonore de chaque instant dans les milieux bruyants. Pour moi, les salles de danse sont mes salles de rééducation mais aussi mes salles de torture auditive.

  • 20 ANS : LES PREMIERES SOIREES EN BOITE (une prédisposition ?)

C’est le début des boites de nuit. J’entend des acouphènes chaque nuit après chaque exposition mais je croyais à l’époque que c’était normal car le lendemain je n’avais plus d’acouphènes. Toutefois j’étais déjà obligé à l’époque de me protéger car mon oreille gauche entrait en résonance et me faisait entendre un larsen chaque fois que quelqu’un parlait fort dans mon oreille en plus de la musique amplifiée. La prévention de l’époque n’était pas terrible, on nous disait bêtement que la musique rendait sourd alors que tout dans la société (des adultes) prêtait à s’exposer à des hauts niveaux sonores. Je me rend compte aujourd’hui que c’est complètement l’inverse, le trop plein de son ne rend pas du tout sourd, il me rend hyper-entendant douloureux sans interruption (le jour avec l’hyperacousie et la nuit avec les acouphènes en plus). Hors jamais je n’avais entendu parler d’acouphène ni d’HYPERACOUSIE auparavant. Pendant que la société pointe du doigt les jeunes, celle-ci valorise le fait d’aller écouter des feux d’artifices sans protection, d’utiliser des perceuses à percutions sans protection et d’aller s’exposer en danse de salon sans protection. De plus dans cette société viriliste, il n’est pas rare d’être dénigré si on se bouche les oreilles face à des sons dangereux ou si l’on porte ouvertement des protections auditives.

  • 2009 PREMIERE SUREXPOSITION SONORE (le début des enfers)

Je décide en 2009 d’apprendre toutes les danses et donc j’effectue des passages répétés chaque soir et WE en boite de nuit. En parallèle, je faisais des travaux tout les jours avec des machines dépassant toutes les 90dB. Un soir, en boite de nuit (LA Fabrik), le son va beaucoup, beaucoup trop fort pour moi et ce soir là je n’ai pas de protection adéquate. Je demande vainement des protections auditives au bar et aux vestiaires puis je décide de mettre comme d’habitude, des boules de mouchoirs humides et compressés dans mes oreilles pour atténuer le son. En allant me coucher, j’ai des acouphènes beaucoup, mais vraiement beaucoup plus fort qu’habituellement. Puis de nuit en nuit, je me rend compte que je vais entendre ces acouphènes à vie. Le lendemain matin après la surexposition, j’entends tout hyper fort avec de la résonance, tout les sons sont multipliés et douloureux comme le lendemain d’une cuite d’enfer et ce lendemain (ou comme tout vrai danseurs, je n’avais rien bu) ne s’arrêtera jamais. Après deux ans d’errance médicale, l’ORL me diagnostique une hyperacousie avec un seuil de douleur mesuré de 60dB à 2000 Hz (60db : c’est le son émit par une voix calme dans le silence). La seule solution que l’on m’a proposé contre l’hyperacousie douloureuse était de porter un générateur de bruit blanc (j’avais mal à cause du bruit et on me propose de porter un appareil qui m’en ajoute encore). Je comprends qu’on ne peut rien faire pour moi alors je me dit : autant vivre à peut près normalement et faire ma propre thérapie sonore en continuant d’apprendre à danser mais beaucoup mieux protégé. En quelque années j’arrive à me passer de protection hormis dans les restaurants, réunions de famille et les boite de nuit. A l’époque, on ne m’a fournit aucune explication ni aucune prévention contre le bruit ni concernant les normes d’expositions à des niveau de plus de 8h à 80db.

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2018 DEUXIEME TRAUMATISME SONORE – IL FAUT AVANCER ET TROUVER UNE SOLUTION

  • De JANVIER à SEPTEMBRE 2018 – 9 mois d’errence médicale (bis)
    J’avais fait le choix d’arrêter toutes les expositions en musique amplifié pour que mon audition récupère et cela avait bien fonctionné. Toutefois en 2018 la danse me manque, je décide de reprendre les cours. En allant à une soirée trois danses, j’ai une nouvelle surexposition sonore qui me vaut de nouveau une hyperacousie avec un seuil de douleur à 60dB. Je mettais des bouchons d’oreilles lors de cette soirée mais comme le son variait énormément entre les DJs, un coup je n’entendais rien puis après j’entendais trop fort, j’ai donc du changer de bouchons pendant l’exposition. Erreur fatale, le fait d’enlever mes protections en pleine exposition (même pour quelques secondes), m’a achevé l’audition et mes seuils de douleur auditive sont redescendu. Après cette rechute les symptômes sont pire qu’en 2009. Rester dans des milieux de plus de 60dB empire mes douleurs mais rester protégé avec des bouchons auditifs m’isole socialement.Je décide d’acheter une panoplie de protections auditives allant de -5dB à -42dB que j’utilise lorsque j’ai des douleurs tout en tentant d’éviter au maximum d’être surprotégé ou isolé de la communication. Pour supporter les expositions en soirée danse, je dois porter un casque de chantier en plus des protections auditives. En fonction des nuisances sonores, je passe progressivement du casque de chantier cumulé aux protections auditives en mousse -39dB, aux protections -39dB sans casque, puis protections mousse -35dB, puis protections sur mesure -35dB, puis sur mesure -25dB etc… etc…. Le but étant d’adapter mes protections à chaque situations pour ne jamais être isolé de la parole. Le gros problème lors du changement de protections, c’est que l’oreille devient sans protection durant quelques secondes, ce qui crée des chocs auditifs.

    Petit à petit, je me suis demandé si un appareil auditif ne pourrait pas remplacer ma panoplie de protections.

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  • SEPT 2018 – 8 MOIS APRES LE (deuxième) TRAUMA – RECONNAISSANCE DU HANDICAP- JOUR J DE L’OBTENTION DE L’APPAREIL AUDITIF – Bouchons rigides avec évents : Fausse joie
    Une fois le handicap reconnu afin que mon employeur puisse avoir des aides, il m’aura fallut 4 mois de procédures, négociations et paperasses administrative avant d’avoir les appareils.
    Premier jour, c’est un pur bonheur (pour un hyperacousique, gagner 10dB est un bonheur). En écoutant avec l’appareil auditif, j’entends normalement les sons faibles de moins de 60dB (chuchotements) et les sons un peu plus forts de 65dB ne frappent plus mes tympans. Je m’aperçois vite que les sons faibles sont un peu plus fort qu’avant mais sans trop provoquer de douleurs, une gêne tout au plus.
    Je sors de chez l’audioprothésiste avec mes appareils dans les oreilles puis je tente de rouler en voiture fenêtres ouvertes, je tente même d’allumer la radio très faiblement. Ouf, j’entends la radio sans avoir mal alors que je ne pouvais plus cumuler le son de la radio et du vent par la fenêtre. Je rentre chez moi et j’en profite pour essayer de faire ce qui me provoque des douleurs. Je tente de jeter le verre dans son conteneur, entrechoquer la vaisselle, secouer les couverts, fermer un verrou métallique et grâce à l’appareil je n’ai pas mal. Alors que tous ces gestes, je les faisais au ralentis et très précautionneusement pour éviter le moindre claquement depuis des mois. J’en ai profité pour aller au supermarché tester les cris d’enfants, multipliés aux réclames des micros et tous ces bruits de ventilos, caisses, auto-laveuses qui me mitraillaient les tympans jusqu’ici. J’en tolère plus et plus longtemps en portant les appareils mais passé une heure d’exposition, ça redevient très désagréable …
    Enfin un peu de répit pour beaucoup d’agressions sonores mais ce répit reste de faible durée et pour de faibles intensités.
  • 2 JOURS APRÈS L’ESSAI DE L’APPAREILLAGE AUDITIF : Retour à la réalité des douleurs

    J’ai fais le test d’aller durant 4h chez une amie avec deux enfants de bas âge. Je ne sors plus depuis des mois et la dernière fois que j’y suis allé sans oser mettre mes bouchons pour ne pas paraître associable, j’ai mis plus de 15j à ce que mon audition s’en remette (hyperacousie, acouphènes et douleurs faciales augmentées).
    Sur le moment l’appareil me soulage comparé à la dernière fois, les cris ne me font pas mal et je me permet de rester avec l’appareillage. Puis il s’avère qu’au bout de 2h mon audition redevient douloureuse et je dois faire des pauses ou mettre les protections auditives en mousse plus puissantes. J’ai tout de même tenté de rester 4h et malheureusement ma nuit fut chargée de nouveaux acouphènes avec maux de crane et sensations d’oreilles sourdes. Aujourd’hui j’ai toujours les mêmes sensations.
    C’est dommage car l’appareil m’avait permit de communiquer en étant énormément moins gêné qu’avec des protections auditives habituelles.

    J’en conclu qu’il ne faut pas y aller trop vite, ni être trop ambitieux, ni oublier la composante du temps d’exposition.
    Il y a actuellement des évents dans les obturateurs attachés à l’appareil et ces évents laissent passer trop de sons. De plus l’appareil rend les sons aiguës métalliques. Cette amplification rend désagréable certains sons faibles, voir même crée quelques petits pics qui augmentent ma sensibilité dans des niveaux sonores qui ne me gênent pas habituellement. C’est dommage car en contre partie, les sons un peu plus forts qui me gênent d’habitude, ne me gênent plus grâce à la compression sonore au delà des 50db.
    Du coup je pense que la rééducation auditive va prendre beaucoup plus de temps, de patience et de réglages.

  • JOUR 12 : Son de vaisselle et metallique résolu (avec appareillage)
    L’audioprothésiste m’a fait remarquer que j’avais réussi à rester deux heures dans une ambiance impossible pour moi auparavant et qu’il faut retourner progressivement dans le bruit.
    Les réglages de l’appareil ont donc été modifiés en ajoutant un programme d’atténuation supplémentaire pour les ambiances plus fortes.
    Un réglage N°1 pour tous les jours calmes avec limitation du volume sonore au delà de 50 db et un réglage N°2 pour les milieux plus bruyants afin de limiter encore plus le niveau sonore dans les restos ou en réunion.
    Ouf le réglage N°1 m’évite presque tout les petits chocs de la journée (claquement de vaisselle ok, Bips des machines ok, Métro ok mais pas trop longtemps). Au final au bout de 3 jours d’utilisation de l’appareil en milieu calme, je me sens reposé, j’ai moins de douleurs et je commence déjà à perdre mes réflexes d’alerte à chaque claquement de porte ou de gens qui parlent fort.
    Ça me fait un effet d’oreille bouchée mais tout en entendant mieux mon entourage. Ce réglage m’est plus agréable et calme mes douleurs dans les ambiances calmes. Plusieurs personnes de mon entourage ayant l’habitude de mes sursauts se sont plusieurs fois excusées alors que je n’avais (enfin) aucune réaction de douleurs aux bruits style cries ou claquements brutaux grâce à l’appareil.
    Par contre la danse en musique amplifiée est trop douloureuse et la musique non amplifiée à 70db est possible avec l’appareil durant 30mn mais pas plus. Du coup je demanderai au prochain rendez vous de baisser encore plus le volume du programme n°2 pour pouvoir me sociabiliser à la danse et au restaurant.
  • JOUR 17 : Pas trop vite (très lentement mais très surement)
    Le programme N°2 a été modifié et il a une meilleure atténuation (4db de moins). Ce qui me permet de rester dans des ambiances plus bruyantes (il y a en plus une compression pour les sons forts, un peu comme pour un casque bose). Grâce à l’appareil, J’ai pu faire une animation avec 15 gamins en étant moins agressé par leurs voix qui étaient douloureuses auparavant, mais surtout je comprenais mieux ce qu’ils disaient, tout en étant mieux protégé (avant je mettais des bouchons qui me permettaient de ne pas avoir mal mais qui coupaient une bonne partie de la communication). L’appareil permettra peut être de continuer cette activité. Le problème avec les bouchons, c’est qu’ils n’atténuent pas assez et ma propre voix résonne dans ma tête au bout d’un moment. C’est ma propre voix (plus grave) qui me fatigue l’audition puis me procure des maux de tête et des nouveaux acouphènes. Je vais donc tenter de demander un réglage supplémentaire pour être encore moins gêné dans ce cas là. Au bout de deux heures, j’étais tout de même très fatigué auditivement (bien que j’ai conscience qu’il faut aussi du temps d’adaptation comme l’audioprothésiste me l’a dit).
    Ce deuxième réglage est très pratique car lorsque je sens une fatigue auditive ou un environnement bruyant soudain, je presse sur l’appareil et il se met en mode bouchon en un clic discret. Pour l’instant ça reste peu efficace pour les sons au delà de 75dB.
  • OCT 2018 – 9 MOIS APRES TRAUMA – UN MOIS d’appareillage avec tout petits bouchons rigides et évents : Les limites de l’appareil sont atteintes (avec les premiers bouchons obturateurs)

    J’ai un troisième réglage sur l’appareil pour baisser plus le niveau sonore. Pour les ambiances sous 70db de tous les jours, c’est confortable de pouvoir jouer très rapidement sur les trois programmes en fonction des nuisances, cela me permet d’être apaisé dans beaucoup de circonstances. Par contre je dois continuer d’enlever les prothèses pour mettre des bouchons sur mesure, dans les lieux de musique amplifiée dansant ou au restaurant (ce qui me coupe aussi de toute communication). J’avais cru que les appareils auditifs remplaceraient les bouchons habituels dans les milieux très bruyants mais il semble que c’est là la limite de l’appareil. Ou il faudrait mettre de plus gros obturateurs sur l’appareil auditif pour les très hauts niveaux sonores.
    Depuis un mois d’utilisation, il me semble que je suis moins gêné sans aucune protection par des bruits qui me gênaient auparavant en milieu calme. A suivre, pour voir si l’évolution continue….

  • UN MOIS UNE SEMAINE : Un nouvel espoir de mieux (des nouveaux bouchons plus adaptés)

    Suite à une discussion dans un groupe d’hyperacousie, j’ai refais faire une prise d’empreinte pour avoir un bouchon sur mesure jusqu’à la conque, le bouchon sera relié à l’appareil. Ce nouveau bouchon devrait permettre de palier à la limite du bouchon actuel, qui ne réduit les sons que de 10dB. Réception du bouchon dans 15 jours.

    J’ai déjà un bouchon sur mesure complètement indépendant de l’appareillage et qui me permet d’atténuer les sons jusqu’à -35db dans les aiguës. Je croise les doigts pour qu’un tel bouchon combiné avec l’appareil, améliore la compensation de l’appareil auditif et la compréhension de la parole lorsque les bruits parasites sont forts.

Actuellement mon cerveau ne sait pas discriminer la parole dans une marmelade de son, on me parle mais je ne comprend pas.
L’audioprothésiste m’a rappelé que je devais être patient et ne pas faire de marathon auditif. Alors je freine des 4 pieds pour faire redescendre les acouphènes et les douleurs faciales et redémarrer avec de nouveaux réglages plus sécurisants.

  • NOV 2018 – 10 MOIS APRES TRAUMA – DEUX MOIS d’appareillage avec tout petits bouchons rigides et évents – Remplacement par des bouchons souples pleins : Enfin !

    J’ai eu mes nouveaux bouchons obturateurs. Les anciens obturateurs faisait moins d’un cm de long, en matière dure et avec un évent, ce qui fait qu’énormément de sons passaient au travers. De plus la matière dure transmettait le son par la conduction osseuse.
    Les nouveaux bouchons sont en matière souple et font 25mm de long (ils bouchent tout le conduit comme un bouchon mousse poussé à fond), autant dire que c’est l’équivalent de bouchons sur mesures moulés en silicone et pleins. Les trois réglages d’atténuations progressives ont été conservés.
    Je me suis empressé d’essayer l’appareil muni des nouveaux bouchons en soirée où il faut discuter. ça fait un an que j’évite toutes soirées ou il faut discuter à cause de l’inaudibilité, des douleurs, des migraines et des acouphènes qui en résultent, je vais danser dans les endroit calme mais je suis tellement protégé qu’il m’est impossible de discuter. Premier essai et le résultat est là. Nous étions une dizaine dans un petit lieu clôt et lorsque tout le monde parlait en même temps, j’ai pu tout de même engager une conversation avec mon interlocuteur placé proche et face à moi (normalement l’hyperacousie crée un écho sonore qui m’empêche de comprendre une conversation). Avec l’appareil et en mettant le programme le plus atténuant (équivalent bouchons plein) je n’avais pas de douleurs et j’arrivais plus ou moins à comprendre l’ambiance. Lors des moments calmes où il y avait des chuchotements, je pouvais poursuivre ma conversation grâce au réglage de faible atténuation sonore. Pour l’instant j’attends plusieurs essais car j’ai tout de même remarqué qu’après les accumulations auditives, j’ai les oreilles cotonneuses, des nouveaux acouphènes et des maux de crane qui reviennent avec les douleurs faciales.

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  • DEUX MOIS ET UNE SEMAINE D’APPAREILLAGE : Ouf, ça marche !

    Les nouveaux bouchons sont plus atténuant, ce qui m’a permit de demander un réglage plus fort pour compenser l’atténuation dans le silence. Pour les ambiance sonores, il a été ajouté un réglage en veille pour utiliser l’appareil sans aucune compensation sonore afin qu’il soit équivalent à un bouchon plein.
    Résultat, sur des temps de moins de 10mn, j’ai testé plusieurs situations en portant l’appareil limiteur sonore. Je suis allé dans un chantier de travaux avec le nouvel appareil qui a fortement limité les douleurs avec les meuleuses. Je suis allé danser et l’appareil a limité les douleurs, de plus si la musique baisse d’un coup, je peux augmenter le son de mon appareil pour arriver à mieux suivre une conversation. Je peux enfin reprendre des activités bruyantes bien que cela reste difficile de communiquer dans le bruit et qu’il me faut de nombreuses poses sonores.
    Le repos procuré durant plusieurs jours par l’appareil tout en ne m’isolant pas des sons de faible intensité, me permet de diminuer l’inflammation auditive. Petit à petit j’ai déjà une migraine moins forte, moins d’acouphènes et moins de douleurs faciales.

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  • DEC 2018 – 11 MOIS APRES TRAUMA – TROIS MOIS d’appareillage dont un avec bouchons pleins : Pas trop vite !

Je peux réintégrer des milieux bruyants grâce au port de l’appareil. Il faut toutefois que je fasse attention de limiter mes temps d’expositions. Nous avons effectué un test des seuils et j’ai récupéré 10dB en 4 mois (test sur des bips de 1 seconde). Les douleurs deviennent gérables mais la compréhension de la communication dans le bruit reste impossible.

  • JAN 2019 – 1 ANS APRES TRAUMA – QUATRE MOIS d’appareillage dont deux avec bouchons pleins : Bonne année qui s’annonce !

Modification des réglages en baissant légèrement les aiguës et en augmentant les graves. Ce réglage me procure un meilleur confort d’écoute avec moins de douleurs lorsque je suis en réunion avec plus de 5 personnes. L’appareil m’a permis d’enfin profiter des fêtes de fin d’année (avec une quarantaines de personnes). Je ne met pas l’appareil tant que je n’ai pas de douleur ni que je ressens une hausse des acouphènes. Je met l’appareil auditif de plus en plus tard et j’utilise le mode fortement atténuant de plus en plus rarement. Je sens que je comprends mieux les paroles en milieu bruyant et la discrimination des sons revient progressivement. Une spirale positive s’enchaîne car je suis de plus en plus détendu en présence de bruit du fait d’avoir moins de douleur. Je me rends compte qu’avoir passé un an en communiquant avec ces douleurs m’a entraîné dans une spirale négative. Le fait d’avoir été continuellement frappé par des sons sans jamais savoir quand ça allait arriver a changé mon caractère. Maintenant que les douleurs sont moins fréquente, que je n’ai plus besoin de protection en discutant avec des petits groupes dans le calme et que j’arrive entrer quelques instants dans des ambiances sonores plus bruyantes, je revis. Une bonne année 2019 s’annonce 🙂

  • FEV 2019 – 13 MOIS APRES TRAUMA – CINQ MOIS d’appareillage dont trois avec bouchons pleins – Spirale positive !

La spirale positive évolue de jour en jour. Je peux reprendre de plus en plus d’activités calmes sans me protéger. Bien sur je ne m’expose pas à des niveaux de plus de 80dB sans protections mais je peux enfin refaire toutes les activités calmes du quotidien jusqu’à 75dB (voix qui ne parlent pas fort) durant 30mn sans protection. Le problème c’est que la sensibilité revient toujours le lendemain ce qui m’oblige a me remettre au repos auditif et m’isoler.

  • Mai 2019 – BILAN 16 MOIS APRES TRAUMA – Six mois d’appareillage avec bouchons pleins et 30dB de gagnés

L’évolution de mes seuils de douleurs depuis le traumatisme sonore de janvier, vient d’être réalisé. Sur le graphique ci-dessus, les courbes du bas avec des « U » représentent mes seuils à 3 dates différentes pour comparaison. Les courbes du haut donne mon audition des oreilles droite et gauche (j’ai une bonne audition dans le calme).
J’ai récupéré 30db de seuil de douleur en un an grâce à l’appareil auditif munie de bouchons qui me coupent le son. Je suis très content du travail de l’audioprothésiste dont les réglages sont bien plus importants que l’appareil en lui même. En accompagnement, je fais 45mn de « pleine conscience » par jour, ce qui me permet de gérer les douleurs et ne plus ruminer à chaque douleur auditive en attendant l’évolution de la thérapie sonore (les études indiquent que la méditation réduit les inflammations comme celles du muscle tenseur du tympan).
On peut voir sur le graphique que les douleurs commencent aujourd’hui à 90db (bruit d’une moto à 10m) pour une écoute de 2 secondes environ. A suivre car je n’appel pas ça une guérison, je suis loin de tenir 45mn à 90db comme le préconise le code du travail pour éviter un choc auditif. Mais c’est très très encourageant pour la suite.

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  • SEPT 2019 – 20 MOIS APRES TRAUMA – 10 mois d’appareillage sans bruit blanc avec bouchons pleins (rechute temporaire)

Dans la rééducation, il y a des hauts et des bas. Suite à un enthousiasme estival et une tentative d’exposition trop prolongée (3h) en soirée danse (mais protégé), je me suis re-sensibilisé l’oreille. Du coup j’ai eu le droit à une nouvelle levée des acouphènes, les oreilles cotonneuses et des douleurs faciales. J’avais bien mes appareils auditifs mais je me sentais en forme et j’ai mis un programme d’atténuation trop faible, un peu trop longtemps durant la première heure. Par dessus ça, j’ai été doublé sur une piste cyclable par deux motards en sortie de village qui ont démarré une course à plein régime juste à 2m de mes oreilles à plus de 100dB chacun. Mais ce jour là, comme je ne devais pas m’exposer à plus de 90dB, je n’avais aucune protection. J’ai cru tomber dans les pommes lors de ces deux passages et je m’en sors avec une baisse des seuils de 10dB à l’oreille gauche. Du coup c’est repartis pour quelques mois pour récupérer tout ça. J’en ai marre mais je croise les doigts…

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  • Décembre 2019 – 2 ANS APRES TRAUMA – 1 ans d’appareillage, limitateur de niveau sans bruit blanc avec bouchons pleins20191207_151914[1]

On peut voir dans le graphique mes courbes de mai (vert) et septembre (gris) 2019 avant et après mon agression sonore par les motards de cet été. Aujourd’hui mon seuil de douleur minimum est à 95dB dans les graves (500hz pour une écoute de 3 secondes) et le max est de 105dB dans les aiguës (4000Hz pour une écoute de 3 secondes). Pour équivalence, à ce jour je dois me protéger passé les 30mn d’écoute à 80dB (le code du travail préconise de se protéger au délà d’une écoute de 8h à 80dB pour ne pas dégrader son système auditif).

J’ai senti avoir récupéré de l’agression procuré par les motos, deux mois après le choc de août. J’ai pu aller sans protection auditive à des marchés de Noël. Par contre je ne suis toujours pas endurant dans la durée d’expositon (4mn max à 80db) et la fatigue revient assez vite (30mn sans protection au delà de 71dB). C’est une énorme victoire en un an de réintroduction sonore car je met rarement mes appareils protecteurs dans les ambiances calmes de tout les jours.

  • MAI 2020 – BILAN

Nous avons eu un confinement qui m’a obligé de rester dans le calme sans aucun stress sonore durant plus de deux mois. Ce repos auditif forcé a été salutaire pour mon audition. Je n’ai presque plus de maux de tête, mes douleurs auditives sont rares (voir normales) et je n’utilise plus mes protections pour des écoutes normales. Même mes acouphènes se sont améliorés. Autant dire que j’ai pris la décision d’arrêter la danse pour les années à venir car la sérénité auditive que je vie depuis 2 mois, je compte bien la faire durer le plus longtemps possible. Je repost mon bilan de mars 2019 à mars 2020 avec une progression jusqu’à 105dB avant confinement. Je suis certain que j’ai encore eu une amélioration durant le confinement mais j’arrête d’y penser pour passer à autre chose.

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5 commentaires sur “Rééducation de l’Hyperacousie via un limitateur sonore (Bruit, je t’aime, moi non plus…)

  1. Bonjour,
    Je souhaiterais échanger avec toi sur ton parcours.
    Je t’ai fait une demande d’ami sur oreille malade pour discuter en privé.
    Je voudrais savoir où tu en es aujourd’hui et quel type de réactions tu as à la base au niveau des oreilles face aux bruits.
    Je te remercie d’avance si tu peux m’apporter quelques réponses.
    Bonne journée,
    Stella

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  2. Bonsoir HyperTio,
    et bonne année. 🙂
    Je te remercie grandement pour ton site concernant l’hyperacousie. Il est très riche et intéressant.
    J’apprécie beaucoup cet article concernant ton appareillage. Je pense essayer aussi.
    J’ai une question (je trouve que c’est la seule chose qui manque à ton compte-rendu 😉 ):
    quelles sont tes pertes auditives ?
    Car j’ai cru comprendre qu’il fallait avoir suffisamment de pertes pour être appareillé.
    (Un jour, je te demanderai aussi le nom de ton audiopro.)
    Merci encore et bon appareillage !

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    1. Merci pour ta réponse précise. 🙂
      « Quoi qu’il en soit les dernières études proposent l’appareil que j’ai eu, mais à titre expérimental. »
      Oui, j’ai constaté cela aussi. En espérant que ça se développe dans l’avenir.
      A+

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