S’interdire de prononcer les mots : Peur, Anxiété, Stresse, Phobie, Angoisse

S’interdire strictement de prononcer les mots tabous : Peur, Anxiété, Stresse, Phobie, Angoisse, Obsession. Pour que l’hyperacousie soit prise au sérieux, plutôt que d’être perçue comme de l’hypocondrie avec des troubles psychosomatiques.

man old depressed headache
Photo de Gerd Altmann sur Pexels.com

Les effets secondaires de l’hyperacousie sont malheureusement impeccables pour être suspecté d’hypocondriaque si nous n’y prêtons pas attention :
L’hypocondrie est un trouble mental caractérisé par l’écoute obsessionnelle de son corps, par une peur, une anxiété excessive et bouleversante concernant la santé et le bon fonctionnement de son corps. Une écoute amène l’hypocondriaque à interpréter la moindre observation comme le signe d’une maladie grave. L’hypocondrie est définie comme un trouble somatoforme. En médecine un trouble somatoforme est évoqué dans certaines situations d’incertitudes quand le diagnostic n’a pas permis d’identifier les causes des symptômes d’un patient. Chez les individus souffrant de trouble somatoforme, les résultats à des tests médicaux n’indiquent rien d’anormal et n’expliquent aucunement les symptômes dont souffrent les patients. Les patients souffrant de ce trouble s’inquiètent pour leur santé car aucun docteur n’est capable de déceler physiologiquement les causes de leurs problèmes de santé. Pour cette raison, ils peuvent souffrir de stress intense, préoccupé par la sévérité que peuvent causer leurs symptômes.

Pourquoi l’hyperacousique peut être suspecté d’hypocondriaque avec troubles psychosomatiques ? :
– Nous entendons les sons plus fort, ce qui est assez hors du commun quand on a pas pris une cuite la veille O_o
– Nous avons des douleurs à l’écoute de sons assez anodins normalement, ce qui paraît impossible pour un normo-entendant.
– Impossible pour nous d’éviter les sons car le son fait partie du quotidien. La douleur nous rend apeuré par le moindre bruit susceptible de nous frapper de nouveau avec violence ou répétition.
– Certaines douleurs sont tellement répétitives qu’elles peuvent finir par nous rendre sonophobe.
– La soudaineté des bruits d’impacts rend les douleurs imprévisibles, ce qui nous rend anxieux de ne pas savoir si nous aurons de nouveau mal dans 5mn ou dans une heure.
– Certaines douleurs répétitives font que notre attention ne peut de reposer et nous pouvons finir par en avoir une écoute obsessionnelle qui semble excessive vue de l’extérieur.
– Ces douleurs continues bouleversent nos vies de part l’omniprésence des sons qui les entraînent en provoquant des incapacités de travail, des ruptures ou autres changements du quotidien ayant rapport avec le bruit ambiant.
– Ne comprenant pas et sans explication sur nos douleurs répétitives et incessantes, nous trouvons cela grave et croyons être malade mais il faut apprendre à parler avec le corps médical et comprendre que pour un docteur nous n’avons « que » un symptôme non identifiable physiologiquement.
– Nous souffrons certes, mais le diagnostic (erroné) n’indique rien d’anormal
– Avec les techniques actuelles ; aucun docteur ne semble être capable de déceler physiologiquement les causes de notre problème

La boucle est bouclée, c’est même à se demander si nous ne faisons pas partie d’une expérience où telles des rats de laboratoires, nous subissons des électrochocs réguliers pour apprécier nos réactions et en déduire des improbabilités psychologiques.

Alors que faire pour être pris au sérieux et pour que la douleur soit prise en compte, voire soulagée ?

Il est nécessaire de ne pas développer nos émotions devant un docteur. Il faut se rappeler que l’ORL n’a que 15mn pour : dire bonjour, prendre connaissance du dossier, écouter ce que nous avons à dire sur nos symptômes principaux, faire ses tests, nettoyer son matos, dicter son rapport, faire une ordonnance, rédiger quelques notes, dire au revoir, aller chercher le patient suivant.
Du coup, à la moindre prise de parole concernant des peurs au lieu de concerner la douleur, il y aura suspicion de troubles psychosomatiques. Le docteur n’osera pas dire qu’il n’est pas psy et qu’il n’a pas 45mn pour écouter tous nos malheurs. Et hop, nous avons raté notre rendez-vous juste en ayant parlé de stress plutôt qu’en développant précisément sur nos douleurs.

Si l’interlocuteur en vient directement au somatique, il faut lui rappeler que nous voulons être dans les bruits, que nous aimons écouter les musiques et être avec des groupes où l’on se sent bien. Nous sommes heureux et prenons du bon temps quand tout à coup : Paf, une douleur de plus alors que nous étions zen et tranquille. Donc non, nous ne somme pas dépressifs mais nous ne voulons plus avoir mal.

Du coup il est impératif de s’interdire de prononcer à qui que ce soit les mots tabous : Peur, Anxiété, Stresse, Phobie, Angoisse, Obsession. Tout ces mots doivent être remplacés par : » j’ai des douleurs physiques réelles ».

Si le test auditif ne révèle rien, il faut se rappeler qu’au niveau technique, les techniques actuelles indiquent à tord qu’elles ne décèle aucune anomalie de perte d’audition. Pourtant il pourrait être possible de vérifier une dégradation auditive en effectuant des tests simples. Nous savons aujourd’hui qu’à chaque perte sensorielle, comme c’est le cas pour l’audition, il y a une réorganisation cérébrale permettant de compenser la perte d’information due à la dégradation des cellules ciliés (d’ailleurs c’est aussi cette réorganisation qui crée des acouphènes et de l’hyperacousie). Pour le vérifier il faudrait effectuer un test de discrimination des syllabes tout en émettant des faibles sons parasites. Il serait tout de suite mis en évidence une perte d’audition via cette impossibilité de discriminer les sons.

Pour résumer :
– Nous n’avons pas peur, nous avons mal.
– Nous ne sommes pas anxieux, nous avons subit un ou des chocs auditifs voir des traumatismes sonores,
– Ce n’est pas le tresse qui a provoqué nos symptômes mais bien nos symptômes qui créent un stresse physiologique. Alors n’en parlons pas sinon c’est reparti pour le malentendu.
– Nous devons être précis sur l’identification de nos symptômes afin que les docteurs écartent toute éventualité d’une maladie mais il faut éviter d’exposer nos peurs d’être malade.
– Tel une personne victime d’agressions et vivant toujours auprès de ses agresseurs, nous cherchons à nous en sortir.

Tout ça pour redire encore que la meilleure manière d’être pris au sérieux par le corps médical et de remplacer les mots stresse, peur, anxiété, phobie … par les mots douleur, douleur, douleur et douleur.

Ceci dit le manque de prise en compte de nos douleurs peut vite devenir très difficile à gérer émotionnellement et une bonne manière de gérer ses émotions (sur les problèmes de communication concernant nos symptômes incompris) c’est effectivement d’aller les exprimer auprès d’un autre professionnel dans un autre corps de métier : un des professionnels de la panoplie psy. Par contre, il faut éviter d’en parler où que ce soit ailleurs pour que cesse cet amalgame douteux entre hyperacousie et maladie psychosomatique.

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