La compression sonore = Guerre du volume (mémoire)

Cliquer ici pour lire le mémoire de WOLFF Alexis : « LA GUERRE DU VOLUME étude sur la compression de dynamique dans les enregistrements discographiques »

L’auditeur apprécie d’entendre un murmure aussi distinctement qu’une explosion mais son audition n’a plus aucune pause permettant des micros repos nécessaires.
Le système publicitaire abuse de ce procédé, ce qui fait que l’auditeur cherche à baisser le volume. Alors qu’en fait les volumes maximaux continueront de respecter la norme audiovisuelle. Par contre, l’ensemble des niveaux minimums auront considérablement augmenté. Il n’y a plus de dynamique sonore.
source : http://shelies.free.fr/blog-new/index.php?post/2010/01/23/SON-COMPRESSION-/-MP3

J’ai cherché à comprendre pourquoi certaines expositions musicales à  bas volume pouvaient m’empirer les symptômes d’hyperacousie alors que d’autres expositions à plus haut volume, non. En lisant ce mémoire, une piste logique m’est apparue. 

Tout est très bien expliqué dans le mémoire, pour comprendre la compression sonore et savoir comment elle dégrade notre audition, en supprimant les micros repos auditifs.

Car effectivement,  pour que mon écoute en voiture ne me donne, ni de mal de crâne, ni d’acouphéne,  je me suis naturellement tourné vers l’écoute de musique classique sur les « radio France » sans y prêter attention. De même, j’ai remarqué que les sorties en musique amplifiée me procurent moins de douleur et me permettent de rester plus longtemps à plus fort volume, lorsque les DJs utilisent des vinyles diffusées sur du matériel de bonne qualité. Inversement, un cours de danse avec des Mp3 de mauvaise qualité diffusés via smartphone sur des enceintes portatives, vont ruiner mon audition, avec un volume très bas.

Beaucoup confondent compression sonore et compression des données. Bien que la compression des données peut réellement empirer le problème, il faut savoir que la compression sonore existait déjà sur le vinyle. Mais la compression sonore était effectuée à l’époque, raisonnablement, pour s’adapter à la dynamique sonore du vinyle et non pas pour retenir l’attention des auditeurs de manière ultra compétitive (en augmentant artificiellement le volume moyen).

La compression de la dynamique d’un signal sonore rehausse le niveau général. Le but étant d’éviter des passages sonores trop faibles qui pourraient être couverts par les bruits ambiants. Comme la plupart des compressions sont effectuées pour avoir une meilleure écoute en voiture, il en résulte que l’intégralité des morceaux auront un niveau ne se situant jamais sous les 80db (seuil de dégradation de l’audition pour 8h d’écoute quotidienne puis repos total), ce pour toutes les fréquences confondues, même pour les plus bas niveaux. Contrairement à une musique non compressée dont les niveaux faibles permettent une écoute tout en ayant des micro pauses par fréquence, pauses indispensables pour le relâchement des muscles tenseurs du tympan sans risque d’inflammation.

En écoutant un enregistrement sans compression, les courbes qui défilent sur l’écran de l’appareil de mesure sont d’une grande amplitude. Il y a des silences au début, des notes à peine audibles à 40 dB et puis viennent à la fin les éclats à plus de 85 dB. Hors, il n’y a rien de tout ça sur le même morceau compressé (ou remasterisé) : les courbes démarrent d’emblée à 70-75 dB et se maintiennent à ce niveau pendant toute la durée de l’enregistrement. La dynamique, c’est-à-dire la différence entre un niveau sonore fort et un niveau faible, a disparu. Pourtant, 80db c’est le seuil à partir duquel l’audition prends un risque de dégradation.

Au delà de 28h par semaine à 80db (conversation bruyante à 4) l’audition se dégrade « silencieusement »
Source : https://www.bruitparif.fr/effets-sur-l-audition/

Lisez le Mémoire en lien pour mieux comprendre la différence entre « plus fort » et « mal compressé ». Pourquoi « Youtube, la radio, la tv, le téléphone dont le son est hyper compressé, nous agressent à bas volume. Et pourquoi c’est moins le cas avec des sources sonores comme « Radio France » dont le son est aussi compressé mais de manière raisonnable pour ne pas mettre en danger ses auditeurs.

Les niveaux sonores d’enregistrement et de diffusion n’ont jamais été artificiellement aussi élevé que aujourd’hui.
Que ce soit sur les ondes, sur disque ou à la télévision, on assiste à une véritable guerre du volume, qui consiste à « sonner plus fort » par tous les moyens possibles et ce, sans même que l’utilisateur n’ait besoin de lever lui même le volume sonore.

La partie théorique du mémoire constitue une étude sur les usages de « la compression de dynamique » dans le processus d’enregistrement discographique, ainsi que des phénomènes qui conduisent les professionnels du son à commettre des aberrations.

 

Voir page 45, les conséquences de la compression sonore sur l’audition des personnes à l’audition « non performante » :

– malgré une réduction de l’intensité sonore, le volume perçu n’est plus réduit pour une personne à l’audition déficiente.
– une grande augmentation du volume perçu est générée pour une petite augmentation de l’intensité sonore.
– pour un sujet à l’audition déficiente, le volume perçu équivalent est presque deux fois supérieur à l’intensité sonore réelle.
– le niveau de volume perçu équivalent agit plus fortement sur l’activation cérébrale et la fatigue.

Lire le mémoire

 

Petit rappel : ne pas confondre la compression de la dynamique sonore effectuée par un technicien du son et la compression des donnés numériques pour gagner de la mémoire de stockage.

 

Astuce pour avoir un son le moins « mal compressé » au niveau sonore et donc le moins fatiguant à écouter :
– écouter les radios de « radio France » dont le son est beaucoup moins compressés (les radios dites jeunes n’offrent que très peu de micro-poses sonores par fréquence, pourtant essentielles à l’audition, toutes les fréquences seront au maximum en même temps sur une très longue durée).
– écouter des vieux vinyles dont la compression sonore répond uniquement au besoin de dynamique sonore du support (et non pas des surcompressions avec levés de gain extrême). Le Mastering (même actuel) est souvent réalisé à niveau plus bas sur les vinyles, aussi confrontés à la Loudness War
– écouter des CD masterisés avant 1980 (vive les brocantes). Les anciennes chansons remasterisées après les années 90 et 2000 sont compressées (au niveau sonore) de manière à ce que le volume sonore moyen soit beaucoup plus fort pour « donner plus de punch ».
– éviter l’écoute et l’enregistrement sur Youtube, en streaming ou les formats les moins lourds au téléchargement. Préférez les fichiers les plus volumineux de haute qualité sonore.
– préférez des supports numériques 24 bits haute définition mais dont les enregistrements sonores ne sont pas compressés (le format WAVE sont souvent de meilleur qualité mais pas toujours).
– ne pas utiliser de logiciels d’enregistrement qui proposent de limiter le volume car ils compressent en même temps les bas niveaux pour éviter des distorsion. Du coup vous risquez de compresser encore une fois et donc le niveau moyen sera plus haut.
 

Petit reportage de 5mn sur la compression sonore et « Youtube » : https://www.francemusique.fr/emissions/tendez-l-oreille/tendez-l-oreille-entendre-la-difference-entre-un-son-haute-definition-et-un-son-compresse-79364

 

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